Kausitaki Upanisad, Svetasvatara Upanisad, Prasna Upanisad, Taittiriya Upanisad

Les Upanishad vol. 6-7-8-9. Publiée et traduite par

Auteurs : RENOU (Louis), SILBURN (Aliette), BOUSQUET (J.), LESIMPLE (E.)
Collection : Les Upanishad
Volume : 6 Tome : 7 Numéro : 8
ISBN : 978-2-7200-0972-3
Prix : 23 €

Description

Les Upanishad, texte et traduction sous la direction de L. Renou.
Kausitaki Upanisad: 83 pages, dont 11 pour le texte publié en devanagari. Svetasvatara Upanisad, publiée et traduite par A. Silburn: 90 pages, dont 12 pages pour le texte publié en devanagari. Prasna Upanisad, publiée et traduite par J. Bousquet: 34 pages, dont 10 pages pour le texte publié en devanagari. Taittiriya Upanisad, publiée et traduite par E. Lesimple: 55 pages, dont 13 pour le texte sanskrit publié en devanagari.
Les Volumes VI à IX ont été réunis en 1 volume lors de la réimpression
Dimensions : 13,50 x 21,10 x 1,5 cm
Poids : 275
Lieu de parution : Paris
Année de parution : 1948
Réimpression : 2005
Reliure : in-8° broché
Pages : 264
Traduit par : RENOU (Louis), SILBURN (Aliette), BOUSQUET (J.), LESIMPLE (E.)
Traduit du : sanskrit

Commentaire

Les Upanishads, dont douze ou treize en particulier terminent les Védas, contiennent des écritures philosophiques et métaphysiques traitant de la nature et du rapport de l'âme (atman) à l'esprit suprême Brahman. Le canon Muktika recense 108 Upanishads dont la composition s'étale de -800 à 1300 de notre ère. On distingue traditionnellement douze Upanishads majeures ou principales et quatre-vingt seize Upanishads mineures réparties en six catégories.
Les Upanisads anciennes, qui sont une douzaine, ont été élaborées au VIème siècle avant notre ère et dans les siècles antérieurs. Cette période correspond à la fin de l'époque védique, quand l'importance attachée aux dieux védiques et au sacrifice diminue, et la réflexion religieuse se porte sur la connaissance de brahman, essence transcendante, infinie, et son identification avec âtman, le soi. Le VIème siècle est l'époque de l'émergence du jainisme et du bouddhisme, une période de spéculation intense, où la discussion porte moins sur les actes associés au sacrifice que sur la connaissance authentique, mystique de la réalité ultime. Il est clair d'autre part - la Chândogya Upanisad le montre - que la discussion n'est pas restreinte au cercle des brahmanes, mais qu'elle s'étend à la classe princière.

Commentaire

La Kausîtaki- (ou Kausîtakibrâhmana-) Upanisad appartient au groupe de textes qui se réclament du Rgveda; elle fait partie du Sânkhâyana (appelé d'ailleurs également Kausîtaki-) Âranyaka, qui est lui-même une sorte d'appendice à l'un des deux Brâhmana du Rgveda, le Sânkhâyana- ou Kausîtaki-Brâhmana. Autrement dit, la Kausîtaki-Upanisad fournit les équivalences spéculatives qui sont parallèles et complémentaires aux directives rituelles de l'Âranyaka, ces dernières à leur tour parachevant sur un plan ésotérique l'explication rituelle qui incombe au Brâhmana proprement dit. La Kausîtaki-Upanisad porte le nom d'un maître védique cité pour autorité, de manière constante, dans le Brâhmana, incidemment dans l'Upanisad. Les textes en question représentent sans doute les doctrines de Kausîtaki, telles que les a conservées la tradition de l'école Sânkhâyana.
Comme toutes les Upanisad anciennes, la Kausîtaki-Upanisad est composée de morceaux distincts. les thèmes rituels sont entremêlés à la spéculation proprement dite. La dépendance du Rgveda s'affirme par quelques citations de strophes empruntées à ce texte, par l'exaltation de l'uktha ou " hymne "...
L'Upanisad est entièrement en prose - trait ancien - sauf quelques citations de mantra tirées du  Rgveda.
L'intérêt de cette Upanisad est multiple: la portion eschatologique fournit un complément de la théorie des deux voies rendue familière par la Brhad-Âranyaka, et la Chândogya. Les rites et pratiques s'insèrent dans la grande tradition magique des Kâmyesti et de divers textes atharvaniques et sâma védiques. Mais c'est surtout l'exaltation du prâna, son assimilation au prajnâtman ou " Soi conscient ", qui donne son intérêt à ce texte : la théorie du souffle est présente. Elle représente sans doute un stade préliminaire, encore brut, de la théorie de l'âtman qui prévaudra dans une série d'autres Upanisad. Parmi toutes les Upanisad de la classe ancienne, la Kausîtaki se signale ainsi par un courant, sans doute populaire, de spéculations sur le souffle et de figurations magiques à forme plus ou moins dramatisée: c'est ce qui se développera plus tard, d'un côté dans le Yoga, de l'autre dans le tantrisme. A cet égard, plus que toute autre Upanisad de type ancien, la Kausîtaki est la voie d'accès vers l'hindouisme.

La Svetâsvatara Upanisad emprunte son nom à l'ascète au blanc mulet, auquel elle fut révélée " par la grâce de Dieu " ; bien qu'elle soit rattachée par la tradition brahmanique à la branche caraka du Yajurveda Noir et qu'elle cite fréquemment des strophes du Veda, cette Upanisad semble pourtant avoir été composée par une communauté (samgha) de religieux, les ati âsramîn, ceux qui sont au-dessus des anachorètes et qui vivaient en marge de l'orthodoxie brahmanique.
La Svetâsvatara n'appartient pas au groupe des Upanisad anciennes qui spéculent sur l'identité du brahman et de l'âtman : Brhad-Âranyaka, Chândogya, Aitareya, Kena et Isâ; elle fait partie d'un groupe d'Upanisad tardives, qui mettent en évidence les thèmes théistes surajoutés à l'âtman-brahman et qui préconisent le renoncement. Rédigées en vers, elles contiennent des notions et des termes du Sâmkhya, ainsi que des pratiques mystiques du Yoga : la Kâthaka et la Taittiriya qui semblent plus anciennes que la Svetâsvatara, la Mahânârâiyana et la Maitrâyaniya, qui comme notre Upanisad font partie du Yajurveda Noir et lui sont postérieures, la Mundaka, la Prasna, la Mândûkya relevant de l'Atharvaveda.

La Prasna-Upanisad se rattache, comme la Mundaka Upanisad, à l'Atharvaveda, recueil d'hymnes et de prières magiques qui, bien que de rédaction relativement récente par rapport aux autres Veda, présente par ses rites l'état le plus ancien de la culture indienne. Elle est presque entièrement écrite en prose et fait partie, selon Winternitz, de la 2e couche d'Upanisad (avec la Mundaka, la Katha entre autres). Elle est probablement antérieure au bouddhisme.
Ainsi que son nom l'indique (Prasna = question), la Prasna-Upanisad est composée de 6 questions posées par 6 sages et auxquelles répond le sage mythique Pippalâda.
La Prasna-Upanisad, dans la mesure où elle a une suite logique, apparaît comme une théorie du souffle. L'origine première des êtres vivants est dans deux principes généraux : le Souffle et la Matière. C'est le Souffle (ou Energie vitale) qui anime les composants du corps humain. Le Souffle lui-même est une émanation et pour ainsi dire l'ombre de l'âme (atman = le Soi = principe d'existence) . Tous les modes de la vie sont un jeu des souffles.
La Prasna-Upanisad, en montrant que le Souffle commande le passage dans les autres mondes et l'accès à la béatitude du sommeil sans rêve, s'apparente étroitement au yoga, technique de la connaissance et de la maîtrise du Souffle, présenté comme l'ascèse suprême.
La Prasna-Upanisad n'est pas cependant une philosophie du Souffle. bien plutôt cherche-t-elle seulement à montrer le rôle du Souffle et à rattacher ce rôle à d'autres processus identiques.

Taittirîya Upanisad: ce texte est une partie intégrante du Taittirîya Âranyaka qui est l'Âranyaka du Yajurveda Noir. On sait que le Yajurveda est l'un des trois recueils d'hymnes sacrés, spécialement affecté aux formules que les prêtres, l'adhvaryu et le hotar, devaient prononcer en accomplissant les rites du sacrifice. " Le Yajurveda envisage les phases du sacrifice... Les instruments du sacrifice y sont eux-mêmes désignés sous des noms mystiques... " C'est ce que l'on retrouvera dans cette upanisad dont le contenu, essentiellement ritualiste, la place parmi les plus anciennes, dans le voisinage immédiat des Brâhmana, après la Brhad-Âranyaka-upanisad et la Chândogya-upanisad.
La Taittirîya Upanisad est composée de trois parties, vallî " liane", dont la deuxième et la troisième formeraient proprement l'Upanisad, la première étant une sorte d'introduction que Çankara nomme Çiksâ-vallî ou "liane de l'enseignement phonétique". La doctrine originale et particulière de l'Upanisad est dans les deux autres parties appelées Brahmânanda-vallî (liane de la félicité de Brahman) et Bhrgu-vallî (liane de Bhrgu, fils de Varuna). C'est la théorie des Koça, fourreaux ou enveloppes concentriques qui dissimulent à l'âme individuelle, la réalité du brahman. La Brahmânanda-vallî décrit l'état de l'âtman à mesure que le jîva (âme individuelle) élimine successivement ces koça, de sorte qu'à la fin le jîva retrouve la pure spiritualité de l'âtman.