L'art du faible. Les migrantes non arabes

dans le Grand Beyrouth (Liban).

Auteur : DAHDAH (Assaf.)
Collection : Institut Français du Proche-Orient, Cahier de l'IFPO
Tome : 7
ISBN : 978-2-35159-199-4
Prix : 25 €

Description

60 illustrations NB et couleur (photographies et cartes)
Poids : 494
Lieu de parution : Beyrouth, Presses de l'Ifpo
Année de parution : 2012
Reliure : broché
Pages : 198

Commentaire

Beyrouth, à l'instar d'autres métropoles arabes et méditerranéennes, participe aux dynamiques de la mondialisation contemporaine grâce aux migrations internationales. Les dynamiques de la mondialisation « par le haut » et « par le bas » se croisent, se côtoient et s'ignorent dans la capitale. Les migrantes non arabes – éthiopiennes, philippines ou sri lankaises –, qui viennent travailler à Beyrouth comme domestique, introduisent dans les interstices urbains, de nouvelles altérités et de nouvelles pratiques, devenant ainsi des actrices inattendues dans et de la ville. « Hyper visibilité » et « invisibilité sociale » vont alors de pair ; le degré de visibilité interrogeant de facto le « droit à la ville » et la légitimité à se montrer, à être vu et à être reconnu. La migration reste organisée officiellement pour s'inscrire uniquement dans le cadre d'une domesticité low cost, une mobilité « invisibilisée » fondée sur un turn over très rapide. Cependant, les migrantes, par leur nombre et par contournement de leurs conditions initiales d'accueil, se sont imposées dans la capitale, dépassant partiellement les distinctions entre centre et périphérie. Nouvelles figures de la citadinité beyrouthine, elles participent dans les interstices de la ville à sa « réinvention », dans le contexte de forte ségrégation et de fragmentation qui caractérise la capitale libanaise. Elles interrogent in fine la notion de cosmopolitisme qu'induirait cette coprésence.
In this study I analyse the international migrations as a main characteristic of the contemporary globalization. Being connected to the globalizations' dynamics like the other Arabic and Mediterranean metropolises, Beirut is getting more internationalized. Globalizations « from above » and « from below » cross and mix with each other in Beirut's spaces depending on different degrees of visibility. The non Arab migrants, like Ethiopian, Philippine or Sri Lankan who work in Beirut as householders introduce new otherness and new urban practices in the interstices of the city which contribute to transform the urbanscape, linked to different spatial scales and degrees of visibility, including high visibility and “social invisibility”. The degree of visibility indicates how a person can be legitimate to show herself or to be seen, depending on the place. This analyze of a migration system that is based on the foreign women house staff wonders about the place of the Other in the city and the places of the city where he or she could be visible. Using the disparities between the central and the peripheral districts, and between the weekly days and the weekend, the female migrants contribute to produce new spaces and new mobilities in the Lebanese capital, even if they are still submitted because of their social and gender status. In this context every national group seems to create new social networks based on shops and places of worship. This migration was and is still officially organized so as to employ those women as householders, who must live only with their employers as invisible people who stay only the time of their contract. Nevertheless the high number of migrants and the overcome of the legal restrictions make them more visible in the urbanscape of Beirut, passing through the differences between the central and peripheral districts. In the context of high segregation and fragmentation that characterizes Beirut, they contribute in the interstices of the legality and of the city to her “re-creation” as a new figure of “citadinity”. In consequence, this situation of coexistence wonders about the notion of cosmopolitanism.

Sommaire

Remerciements —
Préface par Élisabeth Longuenesse —
Introduction —
La domesticité internationale au Liban. État des lieux : Acteurs et représentations - Parcours d'une Éthiopienne jusqu'au Liban - Domestique, free lancer, commerçante, migrante vers l'Europe : le contournement du système - Les couples mixtes —
La ville au prisme des migrants : Voir et être vu dans la ville - Le dimanche : des espaces de visibilité en réseau - Les quartiers de la ville au miroir des migrantes —
De l'espace privé à l'espace public ou la géographie du mépris : L'espace domestique : une première échelle d'analyse - Les espaces publics à Beyrouth - Les banlieues : les espaces des publics —
Beyrouth, entre cosmopolitismes et coexistences : Le cosmopolitisme dans la mondialisation contemporaine - Les cosmopolitismes dans la ville. —
Conclusion —
Bibliographie —
Annexe —
Liste des illustrations - Table des matières détaillée - Résumé anglais - Résumé français - Résumé arabe - Préface en arabe - Table des matières détaillée en arabe.