Maitry Upanisad, Atmapujopanisad

Les Upanishad vol. 15 et 20. Publiée et traduite par

Auteurs : ESNOUL, KAPANI (Lakshmi)
Collection : Les Upanishad
Volume : 15 Tome : 20
ISBN : 978-2-7200-0977-8
Prix : 15 €

Description

Les Upanishad, texte et traduction sous la direction de L. Renou.
Maitry Upanisad, publiée et traduite par Mlle Esnoul : 75 pages pour la traduction, 32 pages de texte sanskrit en devanagari. Atmapujopanisad, publiée et traduite par Mlle Lakshmi Kapani : 16 pages dont 1 de texte devanagari et transcription.
Les Volumes XV et XX ont été réunis en 1 volume lors de la réimpression
Dimensions : 13,50 x 21,10 x 1,1 cm
Poids : 160
Lieu de parution : Paris
Année de parution : 1974
Réimpression : 2005
Reliure : in-8° broché
Pages : 128
Traduit par : Mlle Esnoul, Lakshmi Kapani
Traduit du : sanskrit

Commentaire

Les Upanishads, dont douze ou treize en particulier terminent les Védas, contiennent des écritures philosophiques et métaphysiques traitant de la nature et du rapport de l'âme (atman) à l'esprit suprême Brahman. Le canon Muktika recense 108 Upanishads dont la composition s'étale de -800 à 1300 de notre ère. On distingue traditionnellement douze Upanishads majeures ou principales et quatre-vingt seize Upanishads mineures réparties en six catégories.
Les Upanisads anciennes, qui sont une douzaine, ont été élaborées au VIème siècle avant notre ère et dans les siècles antérieurs. Cette période correspond à la fin de l'époque védique, quand l'importance attachée aux dieux védiques et au sacrifice diminue, et la réflexion religieuse se porte sur la connaissance de brahman, essence transcendante, infinie, et son identification avec âtman, le soi. Le VIème siècle est l'époque de l'émergence du jainisme et du bouddhisme, une période de spéculation intense, où la discussion porte moins sur les actes associés au sacrifice que sur la connaissance authentique, mystique de la réalité ultime. Il est clair d'autre part - la Chândogya Upanisad le montre - que la discussion n'est pas restreinte au cercle des brahmanes, mais qu'elle s'étend à la classe princière.

Commentaire

La Maitri, appelée aussi Maitrâyanî Upanisad, appartient au Yajur Veda Noir et a dû paraître dans une école des Maitrâyana ou Maitrâyanîya. On la tient pour la plus récente des Upanisad anciennes; elle semble faire partie de la même strate que la Prasna et la Mândûkya Upanisad, à tout le moins dans ses parties les plus anciennes, car vraisemblablement elle n'est pas de composition homogène : à un texte primitif relativement court et serré on aurait ajouté postérieurement de longs développements où se rencontrent pêle-mêle un nombre considérable de notions dont certaines sont de date assez récente.
Cette dernière série des Upanisad anciennes qui comprend aussi la Prasna, la Mândûkya et la Svetâsvatara a dû être rédigée au moment où apparaissait le bouddhisme et où le Sâmkhya et le Yoga épiques, tous deux issus d'une déjà longue tradition, étaient peu à peu systématisés et se modelaient en une forme classique; c'est aussi l'époque, sans doute, où était composée la Bhagavad Gîtâ si imprégnée de l'une et l'autre discipline.
La Maitri Upanisad a, en quelque sorte, rajeuni de vieilles traditions upanisadiques en y incorporant des notions empruntées aux systèmes nouvellement apparus ou en voie de se préciser. En même temps, il lui arrive fréquemment d'introduire dans ses développements des notions mythologiques ou astronomiques qui seront, par la suite, si familières aux textes purâniques.
Il y avait dans l'école des Maitrâyana une Samhitâ de ce nom, divisée en 4 kânda dont chacun se subdivisait en un certain nombre de prapâthaka ; on a voulu parfois considérer la Maitri Upanisad comme un 5e kânda de cette Samhitâ.

L'Atmapujopanisad figure dans la série intitulée Unpublished Upanishads. L'éditeur de ce recueil la classe parmi les Sâmanyavedânta Upanisad, parmi les Upanisad, donc, qui relèvent du fonds commun du Vedânta. Il faut remarquer toutefois qu'elle contient des éléments yogiques et qu'elle à pour sujet le râjayogin, l'adepte du râjayoga, "voie royale de réintégration".
Quant au titre de l'Upanisad, âtmapûjâ, on peut l'interpréter de deux façons : " Upanisad de l'adoration du Soi " ou " Upanisad de l'adoration et du Soi ". Cette analyse du titre nous aide à éclairer le texte lui-même. La première interprétation, en effet, met en évidence l'objet de la pûjâ, qui désigne l'adoration de l'image, rite quotidien, privé ou public, effectué devant la statue d'une divinité. Dans le présent contexte, c'est l'âtman, le Soi, l'âme, qui tient lieu de divinité. Il est clair que le mot pûjâ, tel qu'il est employé ici, renvoie plutôt à la forme intériorisée du rite, à la forme antarmukhî, laquelle se réfère au dhyâna, méditation.
La deuxième interprétation répond, en quelque sorte, à ces interrogations, en faisant surgir l'opposition mais aussi les corrélations qui existent entre le rituel et la mystique.