Poliorcétique au Proche-Orient Ancien.

Fortifications urbaines, procédés de siège et systèmes défensifs (Aux origines de l'art de prendre et de défendre les villes).

Auteur : REY (S.)
Collection : Bibliothèque archéologique et historique (BAH)
Tome : 197
ISBN : 978-2-35159-369-1
Prix : 48 €

Description

Ouvrage publié avec le concours du ministère des Affaires étrangères (DGMDP) et du Centre national de la recherche scientifique (UMIFRE 6, USR 3135). Avec un résumé en arabe
Poids : 1244
Lieu de parution : Beyrouth
Année de parution : 2012
Reliure : broché
Pages : 314

Commentaire

Dans nombre d'ouvrages qui portent sur le fait militaire abordé de façon diachronique, la poliorcétique proche-orientale ancienne est généralement, soit fortement résumée, soit passée sous silence. Or l'âge du Bronze (3000-1200 av. J.-C.) est une période importante de l'histoire des procédés de siège et des fortifications urbaines. De fait, le Proche-Orient (Mésopotamie du Nord, Levant Nord, Levant Sud) fut le théâtre de mutations décisives : l'apparition des engins de siège (proto-béliers et machines-tours) et celle des armées permanentes, constituées par des soldats de métier et des conscrits ; la formation des premières unités d'assaut composées d'archers, équipés d'arcs simples ou complexes, et de lanciers, disposés en formation d'approche, probablement en rangs serrés et protégés par d'immenses boucliers à auvent, des unités de soutien, équipées de frondes, et des unités du génie, chargées d'édifier notamment d'imposants talus de siège. Ces innovations majeures ont accru sensiblement le potentiel offensif des armées en campagne des premiers Royaumes combattants (Mari, Ebla) et de l'État prédateur agadéen. Leur influence sur l'art des fortifications urbaines fut considérable : l'apparition des glacis courant à la base des parements extérieurs des enceintes, composés de matériaux hétérogènes mêlés à des masses de terre, parfois scellés par un appareil de revêtement disposé de façon à constituer une sorte de blindage anti-sapes ; la diffusion des remblais défensifs composés de sédiments divers en quantité importante, disposés en couches entassées à pendage régulier, et dont le rôle est de surélever un ensemble cohérent d'ouvrages fortifiés (murailles, plates-formes de tir) et d'assurer son commandement sur la plaine alentour. Aux progrès dans l'art des sièges répondent donc, par un processus dialectique, les progrès dans celui des fortifications et réciproquement. Ce processus dynamique est le thème central du présent ouvrage. L'objet est d'établir, en croisant différentes sources archéologiques et épigraphiques, une classification des systèmes défensifs et de reconstituer le rythme de développement et les modalités de l'évolution de la poliorcétique au Proche-Orient à l'âge du Bronze.
Most scholarly research seeking to address ancient warfare in a diachronic perspective lacks a comprehensive review of early near-eastern poliorcetics. Yet the Bronze Age (3000–1200 B.C.) was an important period in the history of siege-craft and urban fortifications. The Near East (Northern Mesopotamia, Northern Levant, Southern Levant) witnessed several decisive advances: the appearance of siege engines (proto–battering rams and siege towers), the emergence of standing armies consisting of professional soldiers and conscripts, the first assault troops in close phalanx-type formation composed of archers with simple or complex bows and soldiers armed with long spear-like weapons bearing full-length top-curved siege-shields, the presence of support troops equipped with slings providing long-range barrages and covering fire, and engineer units and labourers entrusted with logistics and the construction of siege-ramps. Such major innovations significantly increased the offensive capacities of campaigning armies of the first warring Kingdoms (Mari, Ebla) and the predatory State of Akkad. Their influence on the art of urban fortifications was considerable: the appearance of sloping construction glacis heaped against the outer face of the footings of city walls, and made of different materials such as earth, plaster, bricks, stone, designed as an obstacle to breaching; the spread of massive defensive earthworks and embankments of alternating layers of varying types of fills, that featured both interior and exterior slopes, which raised the level of the base of the city fortifications above the surrounding plain significantly improving its defensibility. These major developments in siege-craft and urban fortifications are intrinsically linked as each evolves to counter advancements within the other. This dynamic process is the central issue of the present work. The aim is to establish a classification of defensive systems through an examination of the archeological and epigraphic evidence in order to reconstruct the sequence of the development and the modalities of the evolution of poliorcetics in the Near East during the Bronze Age.

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