Sirat al-Malik al-Zahir Baybars, Tome 15

Auteurs : BOHAS (G.), HASSAN (I.)
Collection : Institut Français du Proche-Orient, PIFD
Tome : 291
Prix : 20 €

Description

Edition arabe du texte de Baïbars, Texte arabe de la recension damascène, éd. et commenté par G. Bohas et I. Hassan,
Poids : 690
Lieu de parution : Beyrouth, Presses de l'Ifpo - IRHT
Année de parution : 2017
Reliure : broché
Pages : 477

Commentaire

A partir des cahiers manuscrits de trois conteurs des cafés populaires de Damas, l'équipe dirigée par Georges Bohas a entrepris l'édition de Sirat al-Malik al-Zahir Baybars, Vie Romancée du sultan mamelouk Baybars (m. 1277). Ce travail d'édition critique s'inscrit dans le cadre du Projet Baybars, fruit d'une collaboration entre l'Ifpo et l'équipe ICAR (UMR 5191, CNRS, université Lumière Lyon 2 et ENS de Lyon). Est ici restitué, dans son texte original doté d’un apparat critique, un récit central de la littérature patrimoniale et populaire des Arabes. La présentation de cette version damascène du récit met en lumière toute la richesse, littéraire et linguistique, d’un texte qui a traversé les siècles, et qui a longtemps été négligé autant par les orientalistes que par les chercheurs arabes. Quatorze volumes ont paru depuis 2000. Edité par Georges Bohas et Iyas Hassan, le volume 15 contient, outre l'introduction, le résumé des volumes précédents, le lexique et la liste des personnages, onze chapitres (dîwân) : suite du chapitre de la Source de Sang ; chapitre du rasage de Jawan ; chapitre de l’apparition de Saïd-Le-Coupant frère d’Ibrahim ; chapitre d’Ali Ogret ; chapitre du Hammam des Bénédictions et de la destruction de Tyr, chapitre de Fadl fils de Yaqoub al-Adraï ; chapitre de la vengeance de Fadl ; chapitre de la chevauchée de la reine Merrome ; chapitre de la trahison de Nimr al-Amri ; chapitre de Harb al-Yaghrawi fils d’Azaqir ; chapitre d’Ali Bazdaghan. Les récits de ce volume s’agencent comme dans un cercle qui s’ouvre avec le thème de l’anneau merveilleux au premier chapitre, et se ferme par le même thème au dernier. Entre l’anneau caché dans la Source du Sang et celui d’Ali Bazdaghan, défilent les thèmes de la magie, de l’enlèvement, de l’errance ou encore de la jalousie. On retrouve également des topos tels la rébellion de montagnards ismaéliens contre leur nouveau sultan, Shiha, comme dans le cas d’Ali Ogret, chevalier qui, nourrisson, a été plusieurs fois allaité par une ogresse ce qui lui a donné une inégalable force physique. Et comme quasiment à chaque volume, l’apparition de jeunes et mystérieux chevaliers musulmans est à son tour mobilisée à travers le personnage de Saïd-Le-Coupant, demi-frère d’Ibrahim-Rempart-Des-Pucelles, dont l’apparition révèle un épisode inconnu de la vie de cette famille, en Perse, avant son installation dans le Hauran en Syrie. Mais le centre de gravité de ce volume se situe indéniablement dans le long récit de Fadl al-Adraï. Ce récit commence dans le « Chapitre du Hammam des Bénédictions et de la destruction de Tyr » et se prolonge dans les cinq chapitres suivants dans lesquels se dessine le portrait d’un combattant hors pair, à la générosité et au courage proverbiaux. Cet homme qui recèle en lui toutes les qualités chevaleresques a cependant deux défauts – et pas des moindres – qui le conduiront à sa perte, entrainant avec lui, dans sa descente aux enfers, des milliers d’âmes. Mais alors que ce récit arbore le thème de la désobéissance et de ses conséquences, les échos lointains des guerres fratricides et des conflits interconfessionnels du Levant y sont encore audibles. Rien d’étonnant, dès lors, que le corps supplicié soit un autre thème qui traverse finement ces chapitres. Car le dépouillement, la crucifixion, le dépècement ou d’autres variations sur le thème de la violence, ne se limitent pas à annoncer le sort des désobéissants ni à évoquer une mémoire chargée de blessures. Le thème du corps supplicié semble assurer ici une autre fonction, en s’offrant au lecteur-auditeur comme un énième exercice le préparant à l’ultime supplice de la Sîra. Car avec son apparition, la barbe rasée, au visage totalement dévoilé, Jawan annonce le premier signe avant-coureur de sa propre mort, prédite et parfaitement décrite dans le Livre des Grecs il y a quelques milliers de pages et qui s’accomplira sans doute dans l’un des trois derniers volumes qui restent à éditer.

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