Ultime voyage pour la Mecque

Les inventaires après décès de pèlerins morts à Damas vers 1700.

Auteurs : ESTABLET (C.), PASCUAL (J.-P.)
Collection : Institut Français du Proche-Orient, PIFD
Tome : 170
Prix : 25 €

Description

Poids : 420
Lieu de parution : Damas
Année de parution : 1998
Reliure : broché
Pages : 222

Commentaire

Les inventaires après décès ne sont pas destinés à éclairer le comportement religieux de la foule des pèlerins en marche : ils permettent de brosser un tableau de la société pèlerine, d'approcher les conditions matérielles du voyage et de préciser le rôle de la caravane damascène dans le commerce international au début du XVIIIe siècle. Cependant, la seule analyse des objets possédés par cette société d'hommes venus des Balkans et d'Anatolie éclaire la signification spirituelle de l'acte du pèlerinage. Le pèlerin, contrairement à son homologue occidental de la même époque, n'affiche pas, par quelques signes apparents, sa propre distinction d'homme engagé dans un devoir religieux. Dans ses bagages, la marque du pèlerinage n'est visible qu'au retour. Apparaissent alors les biens acquis dans les Villes saintes: zemzemiyya, linceuls, chapelets, quelques tissus, d'innombrables turbans; mais à son ultime étape damascène, le pèlerin du retour ne transporte plus guère les simples objets indispensables du quotidien : il a perdu en chemin de la vaisselle, des tapis, et même certains de ses vêtements. Les a-t-il échangés sur les lieux du pèlerinage pour se procurer d'autres biens plus "extraordinaires" ? Cet humble trafic assure une gigantesque pulsation d'échanges réalisés dans une atmosphère de foire et de fête : la caravane respire au rythme du voyage, se vide des objets rassurants du quotidien et du domestique, pour se remplir de biens venus d'ailleurs, chargés de baraka, de sacralité et d'exotisme.